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- 1. L’importance d’une étude préalable
- 2. La communication : un point à ne pas négliger
- 3. Le suivi et l’évaluation : la clé du succès à long terme
- 4. Faire l’impasse sur les incitations financières
- Forfait mobilités durables : ce que l’employeur peut verser
- Des réussites inspirantes : entreprises ayant excellé dans l’adoption de transports alternatifs
À l’heure de la transition écologique, l’adoption de modes de transport alternatifs est devenue une question incontournable pour les entreprises. Qu’il s’agisse de covoiturage, de vélos ou de trottinettes électriques, ces moyens de déplacement suscitent l’intérêt pour leur potentiel à réduire les émissions de CO2 et à améliorer la qualité de vie au travail. Cependant, intégrer ces options dans la politique de transport d’une entreprise n’est pas un acte anodin et requiert une réflexion stratégique.
Un élan bien intentionné peut parfois aboutir à des décisions hâtives ou mal calculées. En 2019, une étude de l’ADEME a révélé que 20 % des entreprises ayant mis en place des modes de transport alternatifs ont rencontré des obstacles imprévus. Alors, comment éviter les pièges ?
1. L’importance d’une étude préalable
Le premier écueil est souvent l’absence de diagnostic préalable. Avant de se lancer dans toute initiative, il convient de réaliser une étude de faisabilité. Celle-ci doit prendre en compte divers facteurs comme la localisation de l’entreprise, les besoins réels des employés et les infrastructures disponibles.
Un manquement dans cette étape peut entraîner un investissement coûteux dans des solutions peu adaptées. Une enquête du Ministère de la Transition écologique en 2021 indique que 12 % des entreprises ayant adopté le vélo en entreprise l’ont regretté, faute de pistes cyclables à proximité.
Ce diagnostic rejoint une obligation légale pour les plus grandes structures : dans les entreprises d’au moins 50 salariés réunis sur un même site, la mobilité domicile-travail entre dans la négociation annuelle prévue par l’article L2242-17 du Code du travail. Faute d’accord, l’employeur élabore un plan de mobilité employeur, qui s’appuie précisément sur cette étude des trajets et des besoins.
2. La communication : un point à ne pas négliger
L’adoption de transports alternatifs nécessite une communication efficace avec les employés. Les dirigeants ont souvent tendance à imposer un choix sans consulter les principales parties prenantes. Ce manque de communication peut engendrer une faible adhésion et compromettre le succès de l’initiative.
Une étude du CNRS en 2020 met en lumière que 30 % des employés n’étaient pas au courant des options de transport alternatif proposées par leur entreprise. Il s’agit d’une occasion manquée, puisqu’un employé informé est plus susceptible d’adopter un nouveau moyen de déplacement.
3. Le suivi et l’évaluation : la clé du succès à long terme
Une autre erreur courante est le manque de suivi et d’évaluation. Une fois la politique en place, il est crucial de mesurer son efficacité. Cela implique un suivi régulier des indicateurs pertinents tels que la fréquentation, le taux d’adoption et l’impact environnemental.
Comme le dit le dicton, « qui veut voyager loin ménage sa monture ». Dans le cas présent, une mauvaise gestion du suivi peut entraver la pérennité de ces modes de transport dans l’entreprise. Selon une étude de l’IFOP, 18 % des entreprises ont abandonné leur programme de covoiturage faute de suivi adéquat.

4. Faire l’impasse sur les incitations financières
Il est important de proposer des incitations financières pour encourager l’adoption de ces modes alternatifs. L’absence de mesures incitatives peut être un frein majeur à l’adoption. En France, des indemnités kilométriques pour les vélos et les trottinettes électriques peuvent être mises en place, selon les décrets de 2017.
L’absence de telles mesures pourrait entraîner un manque d’engouement de la part des employés. « On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre », comme le dit le proverbe, et cela s’applique aussi à l’adoption des transports alternatifs.
Forfait mobilités durables : ce que l’employeur peut verser
Les indemnités kilométriques vélo ont depuis été remplacées par le forfait mobilités durables, créé par la loi d’orientation des mobilités de 2019 et inscrit à l’article L3261-3-1 du Code du travail. Facultatif, il permet à l’employeur de prendre en charge tout ou partie des frais de trajet domicile-travail réalisés avec des modes alternatifs. D’après la fiche publiée par l’administration sur Service-public, plusieurs modes y ouvrent droit :
- le vélo personnel, avec ou sans assistance électrique ;
- le covoiturage, en tant que conducteur ou passager ;
- les engins de déplacement personnels comme les trottinettes, ainsi que les deux-roues et trottinettes en libre-service ;
- l’autopartage, à condition que les véhicules soient à faibles émissions ;
- les transports publics de personnes, en dehors des abonnements.
Le forfait est exonéré de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu dans la limite de 600 € par an et par salarié, plafond porté à 900 € lorsqu’il se cumule avec la prise en charge obligatoire de 50 % de l’abonnement de transport public. Sa mise en place passe par un accord collectif ou, à défaut, par une décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE s’il existe. Pour les salariés qui n’ont pas d’autre choix que la voiture, la prime carburant versée par l’employeur reste le dispositif de référence.
Des réussites inspirantes : entreprises ayant excellé dans l’adoption de transports alternatifs
Du côté des bonnes pratiques, certaines entreprises font figure de modèle dans la mise en place de modes de transport alternatifs. Prenons l’exemple de la société Decathlon, qui a instauré un système de vélos en libre-service pour ses employés sur plusieurs de ses sites. Selon une étude de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lille, cette initiative a entraîné une baisse de 15 % des déplacements en voiture individuelle au sein de l’entreprise.
Un autre cas notable est celui de l’entreprise BlaBlaCar, spécialisée dans le covoiturage. Non contente de proposer ce service à ses clients, la société encourage également ses employés à covoiturer. Selon un rapport de l’ADEME, 65 % des employés de BlaBlaCar utilisent régulièrement ce mode de déplacement pour leurs trajets domicile-travail, contribuant ainsi à une réduction significative des émissions de carbone.
SNCF, quant à elle, propose des tarifs préférentiels pour ses employés utilisant le train comme moyen de transport domicile-travail. Une démarche cohérente pour une entreprise du secteur des transports.
En somme, adopter des modes de transport alternatifs est un exercice complexe qui nécessite une approche globale. En cette journée mondiale sans voiture, il est bon de rappeler l’importance d’une démarche écoresponsable en entreprise, tout en évitant les pièges courants qui peuvent entraver son succès. Des erreurs peuvent être commises, mais une approche bien réfléchie et bien exécutée peut faire toute la différence.
