Jeudi 15 octobre 2026

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Réduction générale des cotisations : comment calculer l’allègement RGDU en 2026

Depuis janvier 2026, la réduction générale dégressive unique a remplacé la réduction Fillon, avec une nouvelle formule et un Smic de référence figé par décret. Un paramètre mal réglé se répète sur chaque bulletin de l'année.

Une main coche au stylo un bulletin de paie posé près d'une calculatrice et d'un ordinateur affichant un graphique
La réduction générale dégressive unique se calcule sur le Smic du 1er janvier 2026, figé pour toute l'année par décret.

Devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le 7 octobre 2026, le ministre du Travail a annoncé vouloir réunir un groupe de travail sur les allègements généraux de cotisations patronales. Le sujet pèse environ 75 milliards d’euros par an pour les finances publiques, et il se lit chaque mois sur les bulletins de paie de toutes les entreprises qui emploient des salariés sous trois Smic.

Depuis le 1er janvier 2026, cet allègement prend la forme de la réduction générale dégressive unique, ou RGDU, qui remplace l’ancienne réduction générale, dite réduction Fillon. Sa mécanique a changé, sa formule aussi, et la valeur du Smic à retenir a été figée par décret en cours d’année. Pour une PME, une erreur de paramétrage se répète sur chaque salarié et chaque mois.

Comment calculer correctement l’allègement d’un salarié en 2026, et combien représente-t-il selon le niveau de salaire ?

Qu’est-ce que la réduction générale dégressive unique ?

La RGDU est l’allègement de cotisations patronales applicable depuis le 1er janvier 2026 aux rémunérations inférieures à trois Smic. Son coefficient atteint 39,73 % au niveau du Smic dans une entreprise de moins de 50 salariés, puis décroît avec le salaire, sans jamais descendre sous 2 % avant le seuil de sortie.

Le dispositif succède à la réduction Fillon, qui s’éteignait à 1,6 Smic. L’allègement couvre désormais une plage de salaires presque deux fois plus large, mais avec une pente beaucoup plus douce, ce qui modifie le coût marginal d’une augmentation au-dessus du salaire minimum.

Ce point est au cœur du débat ouvert par le ministre, qui parle d’une « trappe à Smic » décourageant les hausses de salaire. Le calcul, lui, dépend d’abord d’un paramètre que le gouvernement a fixé en juin.

Quelle valeur du Smic retenir pour le calcul de 2026 ?

Il faut retenir le Smic du 1er janvier 2026, soit 12,02 euros de l’heure, pour toute l’année. Un décret du 12 juin 2026 a neutralisé la revalorisation du 1er juin à 12,31 euros, ce qui fixe le seuil annuel de sortie à 65 630,52 euros au lieu de 66 554,31 euros.

Le texte, entré en vigueur le 15 juin, déroge au principe selon lequel le Smic annuel additionne les valeurs mensuelles successives, comme l’explique Lefebvre Dalloz. Une tolérance du Bulletin officiel de la sécurité sociale permet de ne pas appliquer ce gel aux contrats terminés entre le 1er et le 30 juin 2026. Pour les autres, le logiciel de paie doit retenir 12,02 euros jusqu’en décembre.

Comment calculer le coefficient de réduction ?

Le calcul se fait en quatre temps, sur une base annuelle et de façon progressive mois après mois, à partir de la formule publiée par l’Agirc-Arrco dans sa foire aux questions sur la réduction générale 2026. Chaque paramètre se vérifie dans le logiciel de paie :

  1. déterminer le Smic annuel de référence, soit 21 876,84 euros pour un temps plein en 2026, majoré des heures supplémentaires rémunérées ;
  2. calculer le rapport entre trois fois ce Smic et la rémunération brute annuelle, puis retrancher 1 et diviser par 2 ;
  3. élever ce résultat à la puissance 1,75, le multiplier par le paramètre Tdelta de 0,3773, ou 0,3813 à partir de 50 salariés, et ajouter le taux minimal de 0,02 ;
  4. multiplier le coefficient obtenu, arrondi à quatre décimales, par la rémunération brute annuelle.

L’écart de paramètre entre les deux tailles d’entreprise vient du taux de la contribution au Fnal, de 0,10 % sous 50 salariés et de 0,50 % au-delà. Une erreur sur l’effectif fait donc varier le coefficient sur toute la masse salariale éligible.

Combien représente l’allègement selon le salaire

Appliquée à un salarié à temps plein présent toute l’année, sans heures supplémentaires, la formule donne des montants qui chutent vite au-dessus du Smic. Le tableau compare cinq niveaux de rémunération, calculés avec les paramètres de 2026 :

Salaire brut annuelNiveauCoefficient, moins de 50 salariésAllègement annuelPar mois
21 877 €1 Smic0,39738 692 €724 €
26 252 €1,2 Smic0,24816 513 €543 €
32 815 €1,5 Smic0,13224 338 €362 €
43 754 €2 Smic0,05332 332 €194 €
54 692 €2,5 Smic0,02671 460 €122 €

Le passage de 1 à 1,2 Smic, soit une hausse de 4 375 euros bruts par an, fait perdre près de 2 180 euros d’allègement à l’employeur. La moitié de l’augmentation est ainsi absorbée par la baisse de la réduction, avant même les cotisations dues sur la hausse elle-même.

C’est précisément l’effet que le ministre a pointé devant les députés, et que le budget de la Sécurité sociale pour 2027 cherche aussi à contenir. Encore faut-il savoir sur quelles cotisations l’allègement s’impute.

Comment l’allègement se répartit-il entre l’Urssaf et l’Agirc-Arrco ?

L’allègement s’impute sur les cotisations patronales recouvrées par l’Urssaf et sur la retraite complémentaire, dans la limite de 6,01 % pour l’Agirc-Arrco. La part complémentaire se déduit de la réduction totale, au prorata des taux, et se déclare en DSN sous le code 106, avec un signe négatif.

Les cotisations visées côté retraite complémentaire sont la part patronale de la cotisation de base, retenue au plus à 60 %, et celle de la contribution d’équilibre général sur la première tranche. Une entreprise qui finance moins de 60 % de la cotisation de base voit son plafond d’imputation descendre autour de 5,23 %, selon l’exemple de l’Agirc-Arrco, d’où l’intérêt de vérifier la clé de répartition de son contrat.

Ce que le chantier ouvert par le ministre peut changer

Le budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit déjà d’intégrer les compléments de salaire dans le calcul de la réduction générale, pour 3,7 milliards d’euros d’allègements en moins, et de reconduire leur gel en 2027. Lefebvre Dalloz relève que le choix du Smic de référence pour 2026 ne préjuge pas de 2027, ce qui laisse ouverte la question du paramètre retenu l’an prochain.

Les allégements généraux, c’est à la fois beaucoup d’argent, 75 milliards d’euros, c’est considérable.

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, 7 octobre 2026

Les cas particuliers restent nombreux : absences, temps partiel ou salarié mis à pied imposent de proratiser le Smic de référence. Une régularisation progressive mois par mois limite les écarts en fin d’année, et le contrôle du paramétrage avant la paie de décembre reste le moment où une erreur coûte encore le moins, avant que les arbitrages de 2027 ne déplacent à nouveau la courbe.


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