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- Un plan de douze mesures présenté le 23 septembre
- Le calendrier des mesures qui concernent les entreprises
- L’AMI EDEC IA, un guichet réservé aux branches
- Impulsion IA RH et Task Force, l’accompagnement direct des TPE-PME
- Les leviers de formation des salariés
- Une compétence qui devient un sujet de dialogue social
Former plus de 30 millions d’actifs à l’intelligence artificielle, avec une enveloppe de plus de 80 millions d’euros sur un an : c’est l’ambition affichée par le ministère du Travail avec le plan Impulsion IA 2027, présenté le 23 septembre 2026. Sous ce nom se cache un ensemble de douze mesures qui vont de la plateforme de formation gratuite au financement des accords de branche, en passant par un accompagnement des petites entreprises.
Pour un dirigeant, l’enjeu n’est pas le discours mais l’agenda. Certaines mesures ont une date de clôture, d’autres n’ouvriront qu’au printemps 2027, et plusieurs passent par la branche ou l’OPCO plutôt que par l’entreprise elle-même. Quelles portes s’ouvrent réellement aux TPE et PME, et à quelle date faut-il s’y présenter ?
Un plan de douze mesures présenté le 23 septembre
Le plan s’organise en trois axes : sensibiliser et former les actifs, engager les entreprises, outiller le dialogue social. Le ministère vise plus de 30 millions de bénéficiaires potentiels, selon la présentation relayée par DAF Mag le jour même. L’objectif est explicite : éviter que l’IA ne s’installe dans les organisations sans que les compétences suivent.
Le décalage existe déjà dans les petites structures. D’après l’étude de Bpifrance Le Lab, 31 % des dirigeants de TPE et PME utilisent des outils d’IA générative, une proportion qui grimpe à 53 % au-delà de cent salariés, comme l’établissait l’article consacré à l’IA générative en PME. L’usage progresse plus vite que la formation, et c’est précisément cet écart que le plan prétend combler.
Sans action déterminée de notre part, l’IA façonnera un monde qui ne sera pas forcément ce que nous voulons.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, lors de la présentation du plan Impulsion IA 2027, le 23 septembre 2026
Derrière cette mise en garde, le ministre pointe aussi le risque d’une intensification du travail et d’inégalités accrues entre métiers. Reste à savoir quelles mesures arrivent en premier sur le bureau d’un chef d’entreprise.
Le calendrier des mesures qui concernent les entreprises
Le plan s’étale sur près de quatre ans, mais les échéances utiles se concentrent sur six mois, entre la fin 2026 et le printemps 2027 :
- novembre 2026 : version bêta de la plateforme publique Explore IA ;
- 30 novembre 2026 : clôture du dépôt des projets à l’appel à manifestation d’intérêt EDEC IA, réservé aux branches et aux OPCO ;
- 14 décembre 2026 : annonce des projets de branche retenus ;
- 1er janvier 2027 : les compétences en IA deviennent une priorité nationale du compte personnel de formation ;
- janvier 2027 : premiers tests du dispositif Impulsion IA RH auprès d’un petit groupe de TPE et PME ;
- fin du premier trimestre 2027 : kit de recrutement Recrut’IA et dépôt visé de la certification d’État ;
- mai 2027 : lancement opérationnel d’Impulsion IA RH.
Cette chronologie, établie à partir de la fiche publiée par le CNER le 23 septembre et du descriptif de l’AMI, montre une chose : la seule date ferme de 2026 ne concerne pas directement l’entreprise, mais sa branche.
L’AMI EDEC IA, un guichet réservé aux branches
L’engagement de développement de l’emploi et des compétences, ou EDEC, est un accord conclu entre l’État et les partenaires sociaux d’une branche pour anticiper les mutations économiques. L’appel ouvert le 29 septembre 2026 s’adresse aux branches professionnelles et aux OPCO, et à eux seuls, selon le descriptif de l’appel publié par Via Compétences.
Les dossiers s’envoient par courriel à la DGEFP jusqu’au 30 novembre. L’administration répond sous un mois maximum, l’instruction court jusqu’au 11 décembre, et les projets retenus se réaliseront de janvier 2027 à décembre 2030. Une coopération entre plusieurs branches est encouragée.
Concrètement, une PME n’y candidate pas, mais elle peut peser sur la candidature. Un dirigeant qui siège dans une fédération, ou qui remonte ses besoins à son OPCO, influence les métiers et les formations que l’accord financera pendant quatre ans. Après le 30 novembre, la fenêtre se referme pour cette vague.
Impulsion IA RH et Task Force, l’accompagnement direct des TPE-PME
Deux mesures visent l’entreprise sans intermédiaire. Impulsion IA RH proposera un diagnostic des effets de l’IA sur les ressources humaines, une feuille de route et une préparation du dialogue social. Le cahier des charges est attendu en mars 2027, après une phase de test ouverte en janvier.
La seconde mobilise les 408 équipes Task Force Entreprises animées par France Travail, chargées d’aller au-devant des TPE et PME. Ce réseau est déjà celui qui oriente les employeurs vers des dispositifs comme la formation financée avant l’embauche. Il disposera d’ici fin mars 2027 d’un kit dédié au recrutement assisté par l’IA, baptisé Recrut’IA.
Les leviers de formation des salariés
Le volet formation offre trois outils, qui ne s’adressent ni au même public ni au même horizon. Le tableau ci-dessous les compare sous l’angle de l’employeur :
| Dispositif | Public | Échéance | Usage pour l’employeur |
|---|---|---|---|
| Explore IA | Tous les actifs, sans prérequis | Bêta en novembre 2026, ouverture en janvier 2027 | Sensibilisation gratuite des équipes |
| Certification d’État en IA | Salariés et demandeurs d’emploi | Dépôt visé fin du premier trimestre 2027 | Reconnaissance des compétences acquises |
| Priorité CPF | Titulaires d’un compte formation | 1er janvier 2027 | Cofinancement des formations IA |
| PIX IA Apprentis | Près de 800 000 apprentis par an | CFA volontaires début 2027 | Apprentis formés dès leur arrivée |
La priorité CPF est la plus immédiatement exploitable. Elle permet d’abonder le compte d’un salarié sur une formation identifiée comme prioritaire, et l’entretien de parcours professionnel en offre le cadre naturel, comme le détaillait le mode d’emploi de ces entretiens.
Une compétence qui devient un sujet de dialogue social
Le troisième axe du plan déplace la question de l’outil vers l’organisation. Un observatoire de l’impact de l’IA, rattaché à la Dares, sera installé au premier trimestre 2027, et la seconde phase du projet DIAL-IA, conduite avec l’Anact, associera une vingtaine d’entreprises et de branches. Un guide juridique sur l’IA et les données des salariés est prévu avec la CNIL en 2027.
Ce glissement compte pour les directions. Un outil introduit sans préparation engage déjà l’employeur sur plusieurs terrains juridiques, de la consultation du CSE au RGPD, comme l’exposait l’article sur la procédure préalable à tout déploiement. La formation devient la pièce qui manquait à ce dispositif : celle qui transforme une obligation de prudence en investissement dans les équipes. Les entreprises dont la branche aura déposé un projet avant le 30 novembre disposeront, dès 2027, d’un financement que les autres devront chercher ailleurs.
